La santé Publique
SANTE PUBLIQUE
Objectifs :
– se préparer à devenir des acteurs de santé publique
– identifier les différents champs de santé professionnels dans lesquels les infirmiers doivent s’intégrer afin d’être reconnus comme acteurs de santé publique.
1) Définitions et concepts
a) Définition de la santé
Pour Leriche (en 1937) « la santé c’est la vie dans le silence des organes ».
L’UNICEF (en 1989), estime que « la santé n’est pas l’absence de maladie, c’est un sentiment plus profond que le bien être qui ne dépend pas seulement des services de santé mais du travail, du revenu, de l’éducation, de la culture, des droits et des libertés ».
Dans sa Constitution de 1946, l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) définit la santé comme « un état de complet bien être, physique, mental et social et pas seulement l’absence de maladie et d’infirmité ».
La santé est donc une notion dynamique qui concerne aussi bien les maladies que ce qui est de l’ordre du social, du religieux, du psychologique.
b) La santé varie selon différents facteurs :
- le secteur : biologique, social et psychologique
- le moment
- la perspective : la façon dont l’individu se perçoit et s’analyse
- l’environnement : la notion de santé est différente en France et dans les pays du tiers monde.
2) Notion de santé publique
a)Historique
Les écrits relatant l’orientation vers la santé publique se situent à l’aube de la société moderne occidentale, entre le 13° et le 19° siècle. Au milieu du 19°S. la majorité de la population ne connaît rien à l’hygiène et au mode de propagation des infections. La prévention des maladies épidémiques fût la 1° préoccupation de santé publique.
En 1776, la société royale de médecine dresse le 1° recueil de données topographiques médicales afin d’influer sur la durée de vie des patients. Des textes de loi sont votés pendant la période révolutionnaire : l’assèchement des marais ou la lutte contre les maladies contagieuses du bétail.
La 3° République est une période importante pour l’organisation sanitaire et sociale. Le texte le plus important est la charte de l’hygiène publique de 1902 qui instaure une réglementation et une organisation sanitaire au niveau départemental et communal.
Ce texte va rendre obligatoire :
- la vaccination contre la variole
- la déclaration des maladies infectieuses
- la désinfection des locaux
- la surveillance des sources d’eau potable
Les 1° centres médicaux sont créés. L’assistance médicale gratuite et l’aide aux vieillards et infirmes s’organise.
La loi du 14 juillet 1901 instaure la thèse de recherche scientifique à l’initiative de Louis Pasteur. Cet établissement fonctionne grâce aux fonds de l’Etat.
La 1° partie du 20°s se traduit par une multiplicité de préoccupations tant sociales que sanitaires :
- lutte contre la tuberculose
- lutte contre les maladies vénériennes
- hygiène alimentaire
- hygiène des lieux de travail et des prisons
- prophylaxie des maladies infectieuses
L’évolution de la démographie incite les gouvernements à mettre en place une législation d’assistance aux familles ainsi que des assurances sociales.
L’approche de la santé publique intègre diverses notions telles que l’environnement, l’histoire et la culture. Les hommes et les maladies dont ils souffrent ne peuvent être isolés d’un contexte qui est géographique, historique, social, culturel et politique.
La santé publique introduit les dimensions d’organisation administrative, politique et économique. Elle évoque l’organisation de la santé tant individuelle que collective pour une collectivité ou un groupe.
b) Définition de la santé publique par l’OMS :
La santé publique est la science et l’art de prévenir les maladies, de prolonger la vie et d’améliorer la vitalité mentale et physique des individus par le moyen d’une action collective concertée visant à :
- assainir le milieu
- lutter contre les maladies
- enseigner les règles d’hygiène personnelle
- organiser des services médicaux et infirmiers en vue d’un diagnostic précoce et du traitement préventif des maladies
- mettre en oeuvre des mesures sociales propres à assurer à chaque membre de la collectivité un niveau de vie compatible avec le maintien de la santé
La santé publique est donc une approche multi et interdisciplinaire plus vaste que la médecine. C’est une approche collective et administrative de problèmes de santé d’une population, sous ses aspects politiques, économiques, réglementaires et institutionnels.
Elle est mise en oeuvre, par des administrations compétentes, au service d’une population.
Faire de la santé publique c’est laisser le rôle de décider et de faire aux professionnels de santé, c’est discerner les besoins et les problèmes d’une population, c’est penser les problèmes de santé en termes d’interrelation (« l’homme dans la cité ») en considérant les individus comme des acteurs et des partenaires à part entière de la santé.
c) Objectifs de santé publique de l’OMS :
- assurer l’égalité dans la santé dans la santé en réduisant les disparités sanitaire entre pays ou entre catégories socio-professionnelles
- ajouter de la vie aux années en donnant aux individus les moyens d’une plénitude physique et psychique optimale. C’est à dire améliorer la qualité de la vie quelle que soit sa durée (ex : prise en charge de la dépendance, lutte contre la douleur, lutte contre l’exclusion, amélioration de l’environnement).
- ajouter des années à la vie c’est à dire allonger l’espérance de vie en luttant contre la mort prématurée (ex : lutte contre les accidents de la route, suicide, sida, mortalité périnatale et infantile)
- ajouter de la santé à la vie en diminuant la morbidité et l’incapacité
3) Actions de santé publique :
a) Objectifs :
Les objectifs de santé publique sont fixés par l’OMS et conduisent à des actions en fonctions des possibilités sociales, économiques et culturelles. Ces actions s’articulent en 4 phases :
- la planification sanitaire qui détermine les besoins à partir de l ‘épidémiologie. Cette planification établit des objectifs, définit un plan d’action, met en oeuvre un programm et évalue les résultats
- la prévention
- la promotion de la santé
- l’éducation à la santé (les lois nationales vont jusqu’à l’individu, leur but est d’amener des changements auprès des personnes)
Les actions de santé publique sont axées sur les sujets suivants :
- l’alcool
- le tabac
- la violence routière
- la drogue (etc…)
b) Les échelons :
Ce sont les pouvoirs publics qui régissent ces actions à différents échelons :
- l’Etat : répartit son budget et élabore les lois qui précisent les orientations prioritaires en matière de santé publique (ex : plan anti-cancer). L’Etat organise la prévention contre l’alcoolisme, la toxicomanie et le sida.
- Le département : finance certaines actions sur ses fonds propres et élabore un règlement concernant la salubrité et les conditions de vie (ex : eau de consommation, denrées alimentaires, évacuation des déchets)
- La commune : a une mission de contrôle et de désinfection
Tout cela nécessite une coopération sanitaire qui est indispensable entre les différents secteurs ; et dépendante de la politique sociale et économique. Il y a aussi la coopération internationale qui nécessite une coordination en ce qui concerne la recherche et la législation pour les problèmes sanitaires planétaires (ex : sida, MST).
4) Comment se fait la reconnaissance effective d’un problème de santé ?
Le haut comité de santé publique (HCSP) fixe les programmes nationaux de prévention. C’est un organisme qui dépend du ministère de l’emploi et de la solidarité. Les programmes nationaux de prévention sont gérés par un médecin inspecteur de la santé publique responsable du programme.
a) Les étapes :
Plusieurs étapes se succèdent entre la prise de conscience d’un problème et la mise en place d’un programme.
Les étapes :
- prise de conscience du problème par un certain nombre d’acteurs clés (associations, professionnels de santé, chercheurs…)
- volonté politique de déterminer des priorités
- reconnaissance du problème dans des documents officiels
- mise en place d’une organisation impliquant la mobilisation de personnes chargées du dossier et allocations de ressources nécessaires à la mise en oeuvre des actions.
b) Les déterminants et indicateurs de santé publique
!Indicateurs directs :
o indicateurs démographiques : espérance de vie, natalité
o mortalité : taux de mortalité = nombre pers décédées
1000 pers pop choisie
o morbidité : nombre de pers. malades
échantillon 1000 pers.
!Indicateurs indirects :
o conditions de vie
o équipements, moyens financiers
o utilisation des ressources sanitaires
Le calcul de prévalence peut permettre de mettre en évidence les priorités de santé publique.
Définition de la prévalence : c’est le nombre de cas de maladie ou de tout autre événement médical enregistré dans une population déterminée durant une période déterminée.
Taux de prévalence : Nbre de cas sur période donnée x100
Population à cette date

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